Le bonheur de mes étudiants

Publié le par jinouchou

J'ai donné mon dernier cours pour me faire évaluer. Un cours sur le bonheur. Un cours de langue, bien entendu. Je leur ai enseigné comment parler du bonheur en utilisant des verbes d'obligation et des expressions qui exprimaient le conseil. Je me suis faite passer pour la fille qui avait tous les problèmes du monde (je ne m'entends pas avec mes parents, je m'engueule avec mes amis, je me dispute avec mon petit copain, je n'ai pas d'avenir, et je dois perdre du poids) et ils devaient me donner des conseils à tour de rôlen en utilisant plusieurs formules. C'était trop ludique: j'ai adoré! Et on a fait de la grammaire tout en douceur, sans qu'ils ne s'en rendent compte (c'est ça la méthode américaine)!
Du coup, on a aussi parlé de questions plus profondes: faut-il se sentir aimé, ou est-il important de comprendre son identité? Et là un étudiant sans crier garde me sort: l'important ce n'est pas de se sentir aimé mais de faire l'amour! Je ne lui ai pas demandé de développer, tandis qu'un autre m'expliquait pourquoi l'identité était importante, avec son T shirt: "Black by popular demand".
Bref ça c'est très bien passé! Et à la fin ils m'ont tous applaudie: c'est ça les cours à l'américaine, c'est trop chouette!

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Publié dans jinouchou

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I
C'est marrant que tu aies mis ce message ce jour-là, parce que la veille, je lisais cosmopolitan, ou Bien dans ma vie (je sais, c'est nul, j'ai régressé, mais je jure que ça m'arrive rarement de lire ce genre de trucs..); et tout d'un coup, au bout du quarantième article sur "comment bien gérer sa vie", j'ai subitement eu l'envie furieuse de jeter la revue au feu (bon, n'ayant pas de cheminée et les normes de sécurité à l'internat étant relativement normales, je l'ai juste balancée sur le frigo...). Non seulement on a des emmerdes, et parfois le moral à zéro, ce qui est somme toute assez normal pour un être humain normalement constitué, mais en plus il faudrait se mettre la pression comme des dingues pour manger sain, gérer les conflits, faire une croix ou se battre pour récupérer son doudou, arriver bronzée et fuselée cet été, mais quand même éviter le cancer de la peau, être cool, mais pas trop picoler, passer des heures à comprendre la mode, mais s'en foutre parce qu'en fait, bien sûr, la classe, c'est dans la tête, et surtout, surtout, surtout, réussir tout ça en restant zen, arrêter de culpabiliser quand on n'y arrive pas (parce que si tu culpabilises, c'est que tu as une blessure de la petite enfance mal réglée, et quand même ça la fout mal que tu sois pas encore à ton âge aller voir un psy pour régler ce problème) et sans se mettre la pression. Moi, je lâche l'affaire... Du coup, ça m'a vraiment amusée, ton  cours sur le bonheur pour faire travailler les verbes d'obligation et les conseils...
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