Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 10:05

Je suis contente car j'ai enfin FINI D'ECRIRE TOUS MES PAPERS!!!
Je ne pensais pas que j'en verrais le bout car j'ai dû y passer des heures cette fois-ci! Un sur l'esclavage. Un sur la temporalité amoureuse dans le théâtre d'Anouilh, et un sur le rapport entre la foule et l'individu...

Je suis donc officiellement en VACANCES!
Bon, à part que je dois déménager toute ma chambre, que j'ai des milliers de cartons immenses dans ma chambre. C'est fou ce qu'on peut accumuler en moins d'un an! J'ai dénombré 18 paires de chaussures, deux cartons de livres et de cours, un carton à vaisselle et à nourriture, pour quand je reviens ;-) , trois valises d'habits, un carton de produits de beauté, et j'en passe. Heureusement, j'ai loué un merveilleux box où on peut mettre 10 personnes de me taille et de ma largeur donc ça devrait aller...

J'allais dire plein de mal des hommes et de leur inaptitude à aider les femmes à déménager (chaque mois de Juin, je me ruine le dos), mais je viens de recevoir un message de mon sauveur du monde qui va venir m'aider grâce à sa jeep géante. On m'a délivré le container au bout de ma rue, et non au pas de ma porte, ce qui fait que je dois marcher chargée, et je ne veux pas! Pour la première fois de ma vie, un déménagement ne s'amorce pas trop difficile. On verra bien.
Le seul hic: la combinaison secrète pour ouvrir le container m'échappe tout le temps, et je passe ma vie à tourner le cadenas dans le vide...

Demain c'est donc ma dernière journée à Beautiful Stanford, et pour ne pas être trop triste de déménager, je vais ensuite passer tout l'après-midi à une pool party!
C'est ça la Californie...

A suivre!

Par jinouchou - Publié dans : jinouchou
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 09:19

Dimanche, j'ai passé toute la journée à San Francisco avec Mariannou.
Ce fut une si belle journée!
On  a commencé par dévaliser les boutiques, et pas n'importe laquelle: Forever 21, car il n'y a pas de doute, Marianne et moi, on a toujours 21ans. La preuve? On nous demande toujours notre id (carte d'identité) quand on veut boire de l'alcool... C'est une boutique très choue, avec des robes qui ne coûtent rien, et des vêtements en tout genre.
Ensuite, on a traversé Market pour nous rendre à l'opéra. Market est une rue étrange, qui traverse des quartiers riches et se métamorphose soudain en couloir d'errance qui abrite les fous, les mutilés, et surtout les pauvres: ce sont pour la plupart des hommes, et même des hommes noirs, qui fument, se droguent, parlent tout seul ou écoutent de la musique, mais ce qui me frappe, c'est qu'ils laissent passer les gens dans la plus grande indifférence. Jamais je ne sens la moindre agressivité de leur part, et quand ils m'interpellent parfois, je souris, alors que je ne le ferais jamais à Paris. Je ne sais pas pourquoi je ressens les choses différemment ici: je pense sincèrement qu'il y a quelque chose de différent. Je ne sais pas bien encore comment l'expliquer.
En tout cas, bizarrement c'est dans ce quartier là que se situe l'opéra. Il y avait un vent incroyable, comme pour chasser les mauvaises pensées ou les pensées coupables.
Don Giovanni.
Ce que j'aime avec l'opéra américain, c'est que d'une part il y a de la place pour les pieds, et que d'autre part il y a des écrans en plus de la scène théâtrale qui nous permettent de voir les expressions des visages. Enfin, même avec des places à 30$ on est  assez bien placé et on profite pleinement du spectacle. J'ai décidé que l'année prochaine je pourrai aller tous les mois à l'opéra, d'autant plus que leur programme a l'air SUPER!
Je n'ai pas été émue par Don Giovanni. Je ne sais pas pourquoi. J'ai été saisie par la douleur des femmes trompées, mais je trouvais qu'il y avait quelque chose dans la mise en scène qui me dérangeait. La fin surtout était décevante car la statue du commandeur était ridiculement outrée, et que l'aspect divin n'a pas du tout été transmis. On ne comprend pas ce qui se passe, ni la nature de la terreur qui gagne enfin Don Juan. Le spectacle tombe dans le trivial et presque dans le mauvais goût (Sganarelle qui dit qu'il va aller dans un Inn pour trouver un nouveau boulot, et les autres qui disent que c'est l'heure d'aller dîner). Les effets spéciaux sont complétement décalés (un ange de lumière qui fait peur comme dans un film à la Star wars), et du coup c'était un peu bizarre cette fin.
J'avais préféré infiniment Rigoletto en début d'année, qui m'avait émue aux larmes.

Après la représentation, on a couru à travers San Francisco pour ne pas rater notre train. On a couru dans le vent semé de pauvreté, puis dans le soleil des boutiques clinquantes, et puis quand on n'a plus réussi à courir, on a pris un taxi.

Comme je prenais le train avec Marianne, ce qui devait arriver arriva. La journée avait été trop parfaite (comme celle de vendredi), ça ne pouvait plus durer!
Le train s'est arrêté car un arbre était tombé sur la voie. Pire: la dépanneuse qui avait été ramenée pour déblayer la route avait perdu une roue, si bien que le train est resté à l'arrêt un petit moment.
Après quoi, on a enfourché nos vélos pour aller à une soirée de fin d'année. On a dit au-revoir à des gens, mais j'en ai profité pour engloutir des tonnes de gâteaux au miel et aux amandes, des abricots, et des variétés de thés. Cela ne m'a pas empêchée d'être triste et de serrer avec émotion ces gens que je ne verrai sans doute plus.
Puis après ça, on a vaguement fait les poubelles. A Stanford, quand les gens partent, ils laissent des tonnes d'objets incroyables et pratiquement neufs. La dernière fois, il y avait dans mon couloir une super chaîne hifi perfectionnée avec un post it: je déteste le mec qui me l'a offerte, alors servez-vous! Je ne l'ai pas prise car elle était vraiment trop grosse, mais bref, on trouve des tas de choses de ce genre.
Enfin, je suis rentrée chez moi, et ce soir là je me suis couchée à 4h pour tenter de finir mes papers...

Je vous mets ici les photos de SF que Marianne a prises vendredi. Ca vous permettra de voir encore cette si jolie ville biscornue que j'aime tant:

http://picasaweb.google.com/marianne.blanchard/SFMAUPIN1106070021

Par jinouchou - Publié dans : jinouchou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 juin 2007 6 09 /06 /Juin /2007 21:17

Depuis que j'ai Pandi Panda dans ma vie, je me sens moi seule: il est mignon, gentil, huggable, lovable, et toujours rose de plaisir. Il orne ma page Facebook, et on peut l'apprivoiser et le caresser...

Que ceux qui n'ont pas encore rejoint facebook s'y mettent! De nombreuses autres surprises vous attendent...

Par jinouchou - Publié dans : jinouchou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 juin 2007 6 09 /06 /Juin /2007 20:39

Sf Maupin

Vendredi fut une MERVEILLEUSE JOURNEE!

Marianne et moi avons décidé d'aller visiter San Franciso en suivant l'itinéraire des personnages dans Les Chroniques de San Francisco d'Armistide Maupin! On a trouvé une carte sur internet, et on est partie! On a d'abord remonté tout l'embarcadero pour aller au Pier 39. On a acheté des baggels à mon endroit préféré Panera Bread, afin de pique niquer. La journée était splendide. Le fog avait oublié de pointer le bout de son nez... On est arrivé au Pier 39, et on n'a pas résisté à l'appel des cerises et des fraises géantes et mutantes qu'on a bien goûtées... On a fait le plein de cerises car on s'est dit que c'était essentiel pour un pique nique (mais on n'a pas acheté la sauce au chocolat qu'ils vendaient pour tremper les fruits dedans)... Puis on est rentré dans toutes les boutiques de confiseries et Marianne a acheté des tas de tuffy aux couleurs et goûts différents (c'est un peu comme de la guimauve dure). Puis on s'est installé sur une table en face de la baie et on a pique niqué en face d'Alcatraz tandis que les phoques faisaient un boucan d'enfer. On a pris quelques photos, on est allé dans le chocolate factory, réclamé notre chocolat au caramel gratuit, puis on a véritablement commencé l'itinéraire des chroniques. Ca a commencé à monter, monter d'une telle force! J'avais du mal à respirer, mais du coup, j'ai inventé une nouvelle technique: monter les côtes en arrière! Du coup, l'effort est moins grand, et on évolue en regardant une vue imprenable: la baie, Alcatraz... Les yeux se régalent, le souffle revient, et on éprouve... le contentement de l'âme. Seule ombre au tableau: quand on marche à reculons, on risque de se prendre un arbre ou un passant, mais sinon ça va. On était les deux seules filles ridicules à monter les collines à reculons, sous les regards interrogateurs des passants.
Ensuite, grâce à Marianne comme guide, on a découvert les endroits les plus mignons du monde: Barbary Lane, l'immeuble de Brian et Mary Anne, la petite superette etc... On a découvert des petits coins de paradis, cachés et isolés. On s'est assise sur un banc pour reprendre nos esprits. Pendant que Marianne me parlait de la suite de la visite, je me suis endormie dans une position perpendiculaire au banc... comme d'habitude. Mais elle ne s'est pas fâchée, et on a repris notre route en direction du Washington square, où un des tomes des Chroniques est enfoui dans une bouteille qui sera deterrée en 2079... Puis, direction la Coït Tower (quel drôle de nom) et Chinatown où l'on acheté des petites babioles. Après avoir passé 7h dans San Francisco, à monter et descendre, les pieds en feu, et le coeur heureux, on a repris le Cal Train direction Stanford.
Deux heures après, et quelques coups de pédale ensuite, nous revoilà en boîte à Palo Alto. On a dansé une bonne partie de la nuit (bon, sachant que les boîtes ferment à 2H, 2H30...), et c'était super car on a retrouvé ensuite des gens sympas et français. Puis, on a discuté tant et si bien qu'on est rentré chez nous vers les 4h, mais il faut dire que je suis celle qui pédale le plus lentement du monde, et j'ai donc retardé les deux Français qui rentraient en vélo avec moi...
Bref, ce fut une super journée, et ça fait du bien d'essayer de noyer la tristesse de fin d'année dans l'euphorie des derniers moments!
Et ps!: je vais à l'opéra dimanche écouter DON GIOVANNI!!!

Par jinouchou - Publié dans : jinouchou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 04:25

J'ai revu Maryse Condé aujourd'hui et on a déjeuné avec elle. J'adore vraiment cette femme à la folie, sa simplicité, sa spontanéité, et sa gentillesse. J'ai pu parler plus amplement de ce qui me tenait à coeur et elle a pu répondre à mes questions, et j'ai compris d'autres choses.
Ce que je voulais dire hier quand je parlais de "traitrise", c'est que j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui m'échappe. Papa est Guadeloupéen et il a toujours parlé créole à la maison, et je n'ai jamais appris, et je n'ai jamais réussi à dépasser cette première interdiction. Ma grand-mère habite en Guadeloupe et je ne l'ai pas vue depuis 16 ans, je ne la connais pas, et j'ignore qui elle est, sa vie, ses envies, ses désirs, ses souffrances... Je crois que j'ai soudainement réalisé tout cela hier, et que cela m'a déchirée. Je voudrais pouvoir rattrapper le temps, mais je ne sais pas comment, et ni si je pourrais y arriver. Il ne s'agit pas de tout connaître d'une culture, mais plutôt d'avoir été coupable d'ignorer ce que j'avais sous les yeux. Papa avait des congés bonnifiés pour partir au pays, on ne les a utilisés que deux fois, et la dernière fois j'avais 10 ans... C'était la dernière fois que je suis allée en Guadeloupe, et pourtant j'ai de nombreux souvenirs! Je me rappelle du nom des plages, je me souviens du relief montagneux qui me donnait mal au coeur, je revois les crabes sortir par milliers quand il grêlait sur la plage, je ressens mes 90 piqûres de moustiques qui avaient enflé en une nuit, et papa qui s'était acharné à éclater les cloques qui s'étaient formées une à une, avec une aiguille, je revois les manguiers du jardin, les fruits à pin, les bananiers, et les petites quennettes, les meilleurs fruits du monde... J'entends encore dans ma mémoire les petites grenouilles qui venaient le soir se coller aux carreaux et coasser discrètement, tandis que les papillons de nuit virevoletaient sous la lueur de la terrasse. Je me souviens d'avoir été terrifiée la première fois par ce raz de marrée car à la nuit tombée, tout le jardin se transformait: les grenouilles si minuscules ainsi que tous les insectes nocturnes se précipitaient sur les carreaux des vitres, tandis que les grands buvaient leur verre de rhum en jouant aux cartes. Et je me souviens aussi, qu'à 10 ans, je m'étais habituée à tout ça, et que je n'avais plus peur! Les souris qui couraient dans la maison, les gros crabes rouges qui parfois remontaient jusque dans le jardin(!!!) depuis la rivière (!), les gros iguanes que je croisais le matin au détour d'une marche d'escalier en me réveillant, les grenouilles, les papillons de nuits trop sérieux, tout cela je finissais par croire que c'était un décor normal.
Et puis, je me souviens de la nourriture que je détestais aussi au départ et que j'aimais ensuite: les queues de cochon avec des fruits à pin (une sorte de patates), les poyos (des bananes grillées), les crabes farcis avec des pois rouges et plein de piment, les cinoboles (sorte de glaçons au sirop) et les poissons grillés... Tout cela est enfoui en moi, et je ne sais pas quand je vais lui redonner vie...
Je me rappelle du volcan, tout près de chez mamie, qui m'angoissait comme un ogre prêt à me gronder, et que l'on pouvait atteindre après avoir pénétré une forêt humide, que traversait une cascade, la première que j'ai vue, dans ma vie... Je me souviens de l'odeur âcre qui se dégageait du volcan, de son grondement sourd, et du lac d'eau brûlante qui me terrifiait car papa disait que si on tombait dedans on mourrait... Je me souviens de tout cela.
Je revois la plus belle plage du monde: Sainte Anne, avec son eau claire jusqu'à perpuité, avec son sable noir, avec sa douceur... Je me souviens de papa qui ne se baignait jamais... ou qui plongeait très vite et très fort comme un requin, quelques minutes...
Je me souviens de Grande Anse, et de petite Anse, deux plages agitées.
Je revois le coucher du soleil sur les rochers, et du corn beef atroce que papa nous forçait à manger.
Je me rappelle de l'horrible café au lait qu'il nous obligeait à boire tous les matins à 6h quand on se réveillait. Puis nous prenions la voiture, et ma soeur et moi le vomissions tous les matins, et papa ne s'arrêtait même plus, et nous grondait en disant de vomir par la fenêtre...
Je vomissais beaucoup dans ce pays. Mon estomac ne supportait pas grand chose au début, y compris le canada dry (c'est en Guadeloupe que j'ai découvert cette boisson): je vomissais ça aussi... Puis je crois qu'au bout des deux mois, mon corps s'est habitué à la fin.
De toute façon, cette expression du corps est typique: ça me faisait la même chose à mes débuts aux Etats-Unis...
Mais la Guadeloupe, c'est l-île papillon.
La première fois que j'y suis allée, j'étais dans le ventre de maman...
Puis j'y suis retournée deux fois avec papa et barbot.
16 ans que je n'y ai pas mis les pieds.
16 ans que les mini grenouilles montent le soir sur la terrasse avec le cortège de papillons noirs et qu'elles chantent sans moi.
16 ans que la Souffrière continue de gronder, sans qu'une petite fille à ses bords n'aie peur de la voir exploser.
Voilà tout ce qui est remonté à la surface quand ensuite j'ai entendu le mari de Maryse Condé lire le début de l'histoire de la Femme cannibale à la séance de dédicace au bookstore de Stanford: cela se passe en Afrique du Sud, et pourtant on sentait dans le texte la présence de la Guadeloupe...
Je crois que la rencontre de cette femme a bouleversé ma vie, et je ne fais que songer à elle, et à tous ses livres que je meurs d'envie de lire, et que j'achèterai dès mon retour en France car j'ai vraiment envire de les lire en Français!
Maryse Condé va à l'opéra ce soir, et elle s'envole à New York demain...
La parenthèse est fermée.

 

Maryse Condé et son mari

Par jinouchou - Publié dans : jinouchou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Images aléatoires

  • img-4659.jpg
  • paris-noel-2006-016.jpg
  • paris-noel-2006-176.jpg
  • img-4716.jpg
  • 339513996205-0-bg.jpg
  • 201992996205-0-bg.jpg

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus