Je suis partie le 18 Septembre 2006 avec 90 kg de bagages répartis sur 3 valises sans compter mon bagage à main de 10kg : non je n'ai pas pris de livres, et oui je me suis inutilement chargée (un coussin, une couverture, dix paires de chaussures, mon indispensable nounours, des draps, des serviettes, dix mille sortes de produits de toilette avec une variété de gels douche, de crèmes, de shampoings, de déodorants, d'échantillons en tout genre... sans oublier tous les habits de ma garde robe). Bref me voilà parée pour affronter l'autre continent, et plus immédiatement le comptoir United et sa politique de restriction de bagages surtout depuis 9/11... Après avoir démontré par le contenu de mes valises qu'il est faux de dire que les Français sont sales et qu'ils ne se lavent pas, j'ai expliqué aux hôtesses que je partais au moins trois ans aux Etats-Unis et qu'après tout c'était comme si je prenais une valise par an (la compagnie n'autorise que 2 valises de 23 kilos chacune: autant dire que toutes mes valises étaient en excédent et qu'en plus j'en avais trois!!) Et puis, je partais étudier, pas m'amuser! Elles ont eu pitié de moi et ne m'ont facturé que le prix du bagage supplémentaire sans compter aucun excédent!
Arrivée sur le sol américain, je faisais moins la maligne, seule avec mes trois immenses valises. Déjà, elles ne tenaient pas toutes sur le charriot, elles ne faisaient que tomber et en plus l'aéroport était immense et je ne savais pas où prendre les shuttles de nuit pour aller au campus. Il était déjà 22h30 et je devais arriver avant minuit pour récupérer la clef de mon appartement... Après une lutte sans merci menée contre mes propres bagages, j'ai enfin trouvé le shuttle. Nous sommes arrivées, mes valises et moi, sur le campus vers 23h30. Sombre immensité.... Le graduate housing se trouve à côté d'une station d'essence, de l'antenne de police de Stanford et de la caserne de pompier. J'ai récupéré ma clef dans une sorte de pub (car le graduate housing était fermé un dimanche soir et avait remis ma clef à ce pub) et il y avait des tas de grands mecs qui m'ont laissée me débrouiller avec mes valises. Pffffff je les ai maudits! Puis j'ai récupéré un grand diable pour hisser mes bagages jusqu'au troisième étage de mon appartement....
STUPEUR: l'appartement était vide! Il n'y avait rien rien rien: pas un verre, pas une poubelle, pas une fourchette, ni drap, ni couverture, ni coussin, ni papier de toilette!!! RIEN!
Alors j'ai regardée mes immenses valises attendrie et je me suis dit que j'avais bien fait d'apporter ma maison sur ma tête; car j'avais tout prévu, même le papier de toilette!!! J'ai bu l'eau du robinet dans mes mains et j'ai commencé à tout déballer....
Le lendemain, je devais faire face à l'immensité du campus et comprendre comment m'orienter, faire des courses et acheter de quoi manger. Mais à chaque jour suffit sa peine, et pour le moment il me tardait de m'affaler dans mon immense lit...
Escondido Village: là où j'habite


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